Il serait difficile voire impossible de juger les propos du ministre ADIHOU. A-t-il détourné de l'argent? Difficile à dire. Mais ce pendant, une chose attire l'attention dans l'explication qu'il fournit Il a dit: « Les dépenses faites dans le cadre du projet LÉPI sous Alain François Adihou n’ont donc jamais atteint la somme de un (01) milliard de francs CFA, comme cela a été colporté un peu partout. Cependant, à quoi ont servi ces 793 350 446 FCFA dont il faut impérativement rendre compte ? D’abord, à la conception du projet, ensuite, à l’appui institutionnel au MCRI-SCBE, enfin, à la popularisation du projet ». Ne nous attardons pas sur les volets techniques. Focalisons-nous sur une expression un peu ambiguë: « la popularisation du projet ». Cette expression parait floue. Mais elle permettrait aussi de comprendre la cause des millions disparus. En effet, dans la ferveur de la LEPI, le ministre ADIHOU a fait le tour des collèges du Bénin. Nous étions en 2004. C'était pour une mission de sensibilisation -car pour atteindre les parents, il faut passer par leurs enfants instruits. Les élèves étaient donc les intermédiaires, les porteurs du message, les annonceurs de la bonne nouvelle, bref c'était un peu comme le Christ et ses Disciples. Bonne stratégie en tout cas, Mais seulement voilà. Le pays traversait une crise dans le secteur scolaire (comme tous les ans me dira-t-on). Lorsque le ministre et sa délégation sont arrivés au CEG1 de Djougou, une grande fête a été organisée à l'occasion. Il y avait à boire pour tous les élèves présents. Imaginez-vous ce qu'il faut investir pour un collège qui comptait environ 4000 élèves. Nous étions tous frustrés que l'établissement dépense au tant de sous pour accueillir le ministre et que pendant le même temps on nous demande une cotisation supplémentaire de 2000F CFA pour payer les professeurs vacataires car selon le directeur de l'époque la caisse du collège était vide. Mais on nous a indiqué que toutes ces boissons, T-shirt et casquette griffés LEPI était l'œuvre du gouvernement; ce qui n'a pas, bien entendu, calmé la tension. Bien au contraire. Les élèves ont voulu prendre la parole pour dire au ministre tout le mal qu'ils pensaient de cette campagne. Malheureusement, il était formellement interdit aux élèves de prendre parole. Il nous fallait juste applaudir et nous servir à volonté. Bref tout le monde a bu. Le ministre, comme le Christ a annoncé la bonne nouvelle avant de s'en aller pour prêcher dans les autres collèges. Qu'on ne se fatigue pas de ce retour en arrière. Si l'on imagine le nombre de collèges que compte notre pays et s’il s’imagine ensuite que la même chose a été répété dans tous les collèges, la conclusion ferait peur. C'est là le signe d'une mauvaise gouvernance. Le ministre ADIHOU s'étonne d'être aujourd'hui derrière les barreaux. Son indignation se comprend. Nos cadres n'ont pas bien réfléchi avant de se lancer dans la réalisation de la LEPI. Dire le contraire serait donné raison au Général bien aimé lorsqu’il parle des "intellectuels tarés". ADIHOU est une victime. Car dans ce dossier, plusieurs têtes devraient tomber pour apprendre á ceux qui gèrent les affaires de l'Etat quelle est leur vraie mission.
Mais dossier quelques questions se posent:
Comment déterminer dans le dossier LEPI ce qui est détourné et ce qui a été mal utilisé?
Si détournement y a été la "popularisation" n'est-elle pas un alibi de taille pour cacher et rendre occultes les dépenses effectuées?
Dans tous les cas la justice doit faire son travail jusqu'au bout en toute impartialité. Si le ministre ADIHOU est un innocent qu'il soit laver et blanchi et que les vrais coupables paient. S'il est reconnu coupable, que la justice soit juste.
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